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Mise à jour
L'ilot Persil qui oppose marocains et espagnols...
La situation est très tendue depuis le mercredi 17 juillet puisque l’Espagne a du intervenir militairement pour déloger de l’îlot Persil la douzaine de soldats marocains qui y campaient depuis une semaine, en déployant un arsenal considérable. Il se trouve qu’en 1956, lors de l’indépendance du Maroc, le statut de ce bout de terrain n’a pas vraiment été spécifié. Il ne figure sur aucune
carte ni sur aucun traité. Administrativement, il n’appartient donc ni à l’Espagne ni au Maroc. Avant cette date, il était territoire espagnol depuis 1668. Mais il existait un statu quo depuis 1991 selon lequel aucun des deux pays ne devaient occuper le territoire en permanence. Pourquoi alors cette cohabitation apparemment anodine sur un mouchoir de poche sans importance fait-elle autant de vagues ?

Ce différend entre l’Espagne et le Maroc s’inscrit en fait dans un contexte de dégradations des relations entre Madrid et Rabat.
C’est une excuse pour les deux pays de ressortir trois dossiers brûlants qui n’ont toujours pas trouvé de terrain d’entente, malgré la multiplication de démarches pacifiques.
Premièrement, c’est un prétexte pour l’ambassadeur marocain de rappeler le non renouvellement de l’accord de pêche entre les deux pays.
C’est ensuite l’occasion de reparler de l’affaire du Sahara occidental.
Le Maroc reproche à l’Espagne de soutenir tacitement le front Polisario, alors que la France et les Etats Unis donnent leur appui à Rabat.
Ce dossier sur les indépendantistes du Front est capital pour la monarchie marocaine.
Enfin, depuis toujours, Persil est aussi un moyen pour les marocains de lutter contre l’immigration clandestine.
En plantant leur drapeau et leurs troupes sur cette parcelle, le Maroc souhaite installer « un poste de surveillance » pour enrayer plus activement le trafic de drogue et l’émigration clandestine.
Leïla est visiblement le lieu idéal pour épingler les transits douteux.
Ces tensions qui durent depuis longtemps trouvent ici leur apogée dans la phrasologie militaire employée entre les deux partis.
Mohammed Benaïssa, ministre des Affaires étrangères marocain, parle « d’invasion », « d’agression contre le royaume du Maroc », de « déclaration de guerre », de villes sous « occupation » et l’Espagne de « légitime défense ».
Ce coup de force est d’ailleurs assez surprenant et apparaît comme une
franche provocation quand on pense que le gouvernement de Maria Aznar avait dit à plusieurs reprises qu’il souhaitait trouver une solution diplomatique à la crise et que les dernières années du règne de Hassan II étaient plutôt placées sous le signe de l’apaisement.
Le premier ministre espagnol a d’ailleurs justifié ses actes en annonçant qu’il avait l’aval de la communauté internationale, alors que la France l’exhorte depuis le début à l’extrême diplomatie.
Le Maroc, quant à lui encour
age la communauté internationale, l’Union européenne, la Ligue arabe, l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) et bon nombres d’organisations régionales à réagir contre cette invasion de l’Espagne.
Sans compter que, hormis l’Algérie, la plupart des pays musulmans appuient les revendications du Maroc.
On comprend mal in fine, et tous les médias s’interrogent dans ce sens, pourquoi les Marocains, déjà en froid avec l’Algérie, vont planter leur drapeau sur ce caillou et se mettre mal avec leur autre voisin l’Espagne.
L’affaire est d’autant plus surprenante que l’Espagne est le deuxième partenaire économique du royaume après la France, qu’elle fournit l’essentiel du tourisme marocain à un moment où ce dernier est en nette régression depuis le 11 septembre. (les recettes touristiques auraient dégringolé de 30 % depuis cette date).
L’économie marocaine se porte mal et le déficit a dépassé 7 % du PIB du pays en 2001. Le Maroc est donc actuellement trop dépendant des pays européens pour se permettre un véritable conflit avec l’Espagne.


Depuis peu, la sécurité a été renforcée à Ceuta et Melilla, les deux enclaves espagnoles plantées au large du Maroc. Autonomies régionales dotées de leur propre gouvernement et de leur propre assemblée depuis respectivement 1580 et 1496, les villes sont un
vieil héritage du temps du protectorat. Cités multiples à la population musulmane et à l’esprit espagnol, terreau de la corruption et de la contrebande et d’une « mafia » locale très active, elles ont vu se développer en peu de temps un total climat de méfiance. Si leurs frontières ferment, elles priveront de nombreuses personnes d’un travail providentiel.
Réaction disproportionnée de l’Espagne ? Vieille rancœur du Maroc d’être à l’écart des questions territoriales et volonté de maintenir son poste de surveillance ? On voit bien que l’affaire qui peut sembler au premier abord un peu excessive et faire beaucoup de bruit pour rien n’est qu’un pavé de plus dans un contentieux historique. Il continue en tout cas de discrédibiliser la recherche de coopé
ration euro-méditéranéenne.
Rappelons que cette enclave de la zone de Gibraltar est plus qu’une frontière historique un peu floue. C’est un pôle culturel, un monde à lui tout seul, un passage trouble entre Orient et Occident, Islam et Chrétienté, le point de convergence entre le Nord et le Sud, le bout ultime des terres dans l’Antiquité. A l’époque, elle était vecteur de mystère et de monstres irréels. Tout un symbole. (Image satellite de gauche "Le détroit de Gibraltar, lieu de rencontre de deux mondes"Europe-Afrique, Orient-Occident)
Septembre 2013: la fièvre semble être retombée depuis les dernières disputes pour un territoire somme toute assez limité...
image jpg haut à gauche Visoterra site
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Un article de Radio Canada sur ce thème<<
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